Le temps de peindre dernières modifications 15/02/2005 |
JE N’AIME PAS CE QUE JE PEINS
On n’aime pas toujours ce que l’on peint. On ne fait pas un tableau
pour qu’il nous plaise, on le peint parce qu’on le peint. Ca ne
s’explique pas, ça ne se justifie pas, ça se produit.
Je propose qu’on ne s’attache pas aux oeuvres que l’on fait mais
qu’on laisse la création passer à travers nous. En plus, ce qui me plait
un jour ne me plait plus trois semaines plus tard et inversement. Nos goûts
varient tout le temps. En matière de peinture nos amours sont très
inconstants, on s’en aperçoit à l’expérience. L’important n’est pas
que ça me plaise, l’important est que je le fasse, que je poursuive sans me
déstabiliser mon chemin de peintre. D’autres étapes du voyage me
satisferont peut-être plus. Ou dans d’autres temps, je verrais la valeur de
ce que je peins maintenant.
Je suis le peintre de mes tableaux et non pas leur spectateur. Quitte
à intéresser quelqu’un, il ne s’agit pas que mes tableaux me plaisent,
mais plutôt qu’ils plaisent aux autres.
N’y-a-t-il pas une des peurs qui
se cachent derrière l’affirmation “ Je n’aime pas ce que je
peins” ? Ne pourrait-on pas
souvent la formuler plus justement ainsi : “ Je crains que ce que je peins
ne plaise à personne. “ C’est un risque à prendre. Quand on le prend, on
a souvent des surprises ! |