Le temps de peindre dernières modifications 09/05/2006 |
J’AI ENVIE, MAIS JE NE SAIS PAS, IL Y A QUELQUECHOSE QUI M’EN EMPÊCHE
Comme Gulliver au pays des Lilliputiens est plaqué au sol par mille
cordelettes fines mais qui ensemble le maintiennent solidement à terre, nous
sommes retenus par des milliers d’empêchements, anodins pris indépendamment,
mais extrêmement handicapants quand ils se manifestent tous en même temps.
Ce sont nos idées et nos sentiments qui nous freinent et bloquent
notre inspiration. Les certitudes que nous avons sur l’art, sur nous, sur le
monde, les hontes, les mépris, les
colères, les gènes. L’impression d’être mauvais, de ne pas avoir de
talent, le désir de bien faire, l’envie du beau, pour ne citer que quelques
exemples d’entraves parmi des centaines et des centaines.
Les idées et les sentiments, qu’ils soient négatifs ou positifs,
ont l’air sans effet quand on les ressent, mais le cumul de toutes ces
“formes” nous immobilise. Pour nous remettre en mouvement, il s’agit
d’avoir le courage simple de peindre, sans nous laisser dissiper ni dominer
par aucune manifestation intérieur ou extérieur. Peindre sans attente, sans
espoir, tout en restant de tous ces obstacles qui ne vont pas manquer de se
manifester. Il s’agit d’être avec nous-même, à la fois ferme,
décidé et doux. |